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jeudi 14 janvier 2010

Un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé l'île mardi, dévastant la capitale Port-au-Prince. Environ 200 personnels de l'Onu sont portés disparus.

Après le séisme à Haïti (AFP)

Après le séisme à Haïti (AFP)

Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a dit mercredi 13 janvier à la chaîne américaine CNN qu'il craignait que le bilan du puissant séisme de magnitude 7 qui a frappé son pays mardi ne soit "bien au dessus de 100.000 morts".
"Il est difficile d'évaluer précisément le nombre de victimes. Combien de constructions, combien de bâtiments se sont effondrés. Avec les habitants à l'intérieur, je pense qu'on est bien au dessus de 100.000", a dit Jean-Max Bellerive.
"J'espère que ce n'est pas vrai parce que j'espère que les gens ont eu le temps de sortir" après le puissant séisme de magnitude 7 qui s'est produit vers 17 heures locales mardi (22h GMT), a-t-il ajouté.
"Mais tellement, tellement de bâtiments, tellement de quartiers ont été totalement détruits, et dans certains quartiers, on ne voit même plus personne, donc je ne sais pas où sont ces gens", a-t-il poursuivi.


Des scènes "inimaginables"


Le président haïtien René Préval avait peu avant déclaré au quotidien américain Miami Herald qu'il craignait que le séisme ait fait des milliers de morts. Il a en outre appelé la communauté internationale à l'aide.
René Préval, qui parlait pour la première fois depuis le tremblement de terre, s'est toutefois refusé à avancer un chiffre.
"Nous allons devoir évaluer" l'étendue de la tragédie, a encore lancé René Préval. Se trouvant lui-même avec son épouse à Port-au-Prince, il a qualifié les scènes dont il a été témoin d'"inimaginables".
"Le Parlement s'est effondré. Le siège de l'administration fiscale s'est effondré. Des écoles se sont effondrées. Des hôpitaux se sont effondrés (...). Certaines écoles sont remplies de cadavres", a-t-il poursuivi.

"J'enjambe des corps sans vie"


"C'est une catastrophe", a jugé son épouse, Elisabeth Préval dans le même journal. Dans les rues de la capitale "j'enjambe des corps sans vie. Enormément de gens sont ensevelis sous les décombres. L'hôpital général s'est écroulé. Nous avons besoin de soutien. Nous avons besoin d'aide. Nous avons besoin d'ingénieurs," a-t-elle observé.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon parlait quant à lui plus tôt de "centaines de morts". Il a dit exiger un effort majeur des secours. Evoquant une "tragédie pour Haïti et les Nations unies", il a confirmé que le patron tunisien de la Mission de paix de l'Onu en Haïti, Hedi Annabi, et son adjoint étaient portés disparus, ajoutant qu'il se rendrait sur place "dès que possible". Les Nations unies annoncent la disparition de jusqu'à 200 personnels de l'Onu.

Le siège de l'Onu s'effondre


"Hélas le bâtiment de l'Onu s'est écroulé et il semblerait que tous ceux qui étaient dans le bâtiment dont mon ami Annabi, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, et que tous ceux qui étaient avec lui et autour de lui, soient morts", avait déclaré un peu plus tôt Bernard Kouchner sur RTL. Hedi Annabi avait pris ses fonctions en Haïti le 1er septembre 2007. Il avait été au préalable sous-secrétaire général adjoint de l'Onu pour les opérations de maintien de la paix (1997-2007). Les Nations Unies, qui entretiennent une force de stabilisation forte de 9.000 hommes en Haïti (Minustah) avaient annoncé un peu plus tôt qu'un grand nombre de leur personnel était porté manquant. Au moins onze casques bleus brésiliens de la force de stabilisation de l'Onu en Haïti sont morts, a annoncé l'armée brésilienne.. Cinq militaires ont également été blessés et un nombre indéterminé a été porté disparu sur les 1.266 soldats brésiliens qui opèrent dans le pays sous le drapeau de l'Onu. Un casque bleu argentin a été tué, a de son côté annoncé Buenos Aires.
Par ailleurs, l'évêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot, est décédé lors du séisme et son corps a été retrouvé sous les décombres de l'archevêché, a annoncé à Rome l'agence d'informations religieuses Misna.

Condoléances de Jean-Bertrand Aristide


Aucun bilan officiel n'était encore disponible vers 6h GMT (7h heure française).
Le centre de Port-au-Prince
a été détruit. Parmi les nombreux bâtiments détruits, figurent, outre le siège de l'ONU, l'ambassade de France à Port-au-Prince, ainsi qu'un grand hôtel de la capitale, le Montana, accueillant de nombreux étrangers, a indiqué mercredi matin sur Europe 1 le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet, sans pouvoir dire si des Français, qui sont 1.400 ressortissants à vivre sur place, dont 1.200 à Port-au-Prince, avaient été victimes du séisme.
L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis 2004, a transmis mercredi ses condoléances à ses compatriotes frappés par le séisme, évoquant une "tragédie qui dépasse l'entendement".

Scènes de pillage


Des pillards étaient déjà à l'oeuvre, dans la nuit de mardi à mercredi, dans un supermarché au nord de Port-au-Prince alors que de nombreux cadavresjonchaient les abords des routes après le séisme qui a frappé Haïti, a constaté un journaliste de l'AFP. Par ailleurs, l'Onu annonce que la prison principale s'est effondrée et que des détenus sont en fuite.
Sara Fajardo, porte-parole de l'ONG Catholic Relief Service (CRS), a rapporté à la presse le récit que lui a fait Karel Zelenka, un collègue qui se trouve à Port-au-Prince.
"Il doit y avoir des milliers de morts", lui a-t-il déclaré par téléphone, avant que la ligne ne soit coupée.
"Il nous a dit que c'était le chaos absolu, un désastre total, qu'il y avait des nuages de poussières sur Port-au-Prince", a ajouté Sara Fajardo.
La communauté internationale s'est aussitôt mobilisée, annonçant de l'aide et des secours pour Haïti.

"Deux ou trois jours" pour un premier bilan



Félix Augustin, le consul général d'Haïti à New York, a rapporté pour sa part quele Palais National avait été en partie détruit. "Les bâtiments se sont effondrés de toutes parts", a-t-il déclaré. "Il faudra deux ou trois jours pour que l'on connaisse la situation", prédit-il. Raymond Joseph, ambassadeur de Haïti aux Etats-Unis, est parvenu à joindre brièvement l'entourage du président René Préval. Son chef de cabinet Fritz Longchamp lui a raconté que "des immeubles s'effondraient de toutes parts" autour du palais présidentiel. Après ce témoignage, la ligne a été coupée et n'a pu être rétablie, rapporte Raymond Joseph. Mais le président d'Haïti René Preval "est vivant", a annoncé l'ambassadeur d'Haïti au Mexique dans la matinée.
De multiples sources faisaient état de bâtiments effondrés, de coupures d'électricité et de télécommunications et de cadavres dans les rues.
PJ Crowley, porte-parole du Département d'Etat américain, a pu joindre le personnel de l'ambassade des Etats-Unis: "Ils ont parlé de bâtiments écroulés, ils ont parlé de beaucoup de murs effondrés. Ils ont vu un grand nombre de corps dans les rues, sur les trottoirs, des gens frappés par des débris. Il est clair qu'il faut s'attendre à de nombreux morts", a-t-il relaté.
De nombreux étudiants d'une université privée de Port-au-Prince étaient bloqués sous les décombres, a indiqué, de son côté, un responsable de l'institution.
Un journaliste d'AP a vu les décombres de l'hôpital de Pétionville, près de Port-au-Prince, alors qu'un officiel américain en visite disait de son côté avoir vu des maisons effondrées dans un ravin.
Tout le monde est totalement terrifié et sous le choc", a raconté Henry Bahn, du ministère américain de l'Agriculture, "le ciel est gris de poussière". Il marchait dans la rue quand la terre a tremblé: "j'ai continué à avancer, et je rebondissais contre les murs. J'ai juste entendu énormément de bruit, et des cris".

Plusieurs répliques


Selon l'institut géologique américain (USGS), l'épicentre de la secousse était situé à environ 15 km à l'ouest de la capitale Port-au-Prince et à 8 km de profondeur.
Dans l'heure qui a suivi la première secousse, une série de puissantes répliques ont été enregistrées, les deux principales d'une magnitude de 5,9 et 5,5, selon Don Blakeman, de l'USGS dans le Colorado. "Nous nous attendons à encore d'autres répliques, parce que c'est un séisme important, et peu profond", a-t-il dit.
"Je crois que nous allons avoir des dégâts et victimes substantiels", a-t-il ajouté.

Ressenti jusqu'à Cuba


Le tremblement de terre a été ressenti de l'autre côté de la frontière, en République dominicaine, qui partage avec Haïti l'île caraïbe d'Hispaniola. Il a déclenché la panique à Saint-Domingue, la capitale, où des habitants affolés ont fui les bâtiments en train de trembler.
Le tremblement de terre a également été ressenti à Cuba, déclenchant la panique parmi les habitants de la partie orientale de la grande île caraïbe. "On l'a ressenti très fort, et longtemps, on a eu le temps de descendre dans la rue", a expliqué Mgr Dionisio García, archevêque de Santiago de Cuba, l'un des endroits de Cuba les plus proches d'Haïti. On ne faisait en revanche pas état de dégâts à Cuba.
Selon un autre analyste de l'institut géologique américain, Dale Grant, il s'agit du séisme le plus important enregistré dans la région: le dernier fort tremblement de terre en Haïti remonte à 1984, et il avait une magnitude de 6,7.

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